Ma p'tite semaine
printemps 2002

Le premier avril 2002

"Qui voit le ciel dans l'eau, voit les poissons dans les arbres". - proverbe .chinois.

POISSON d'AVRIL

Je suis enfin rendue dans mon nouvel appartement que je pourrais qualifier de BARBIE (les vêtements et les coiffures en moins). C'est maintenant que je réalise à quel point j'avais du rangement dans celui que je laisse aujourd'hui. Présentement, je suis entourée encore de boîtes à vider. Pourtant je ne fais que ça depuis que je suis entrée ici. Faut dire que mes deux filles me poussent pas mal dans l'dos et de mon côté, je me dis que j'ai tout le temps devant moi. N'est-ce pas merveilleux!.

J'ai même réussi à aller fouiner dans les magasins de la rue commerciale à cent pieds d'ici. Ma marche quotidienne fera donc partie de mon exercice en attendant de me familiariser avec la salle de vélos stationnaires de la maison.

J'ai tout de même réussi à assister à la messe de Pâques dans la salle communautaire. 0n m'a présentée à tout le monde comme nouvelle résidante .Nous étions autour de quarante personnes (quatre hommes seulement). La majorité des femmes était toute endimanchée. Je peux vous dire que j'étais fière d'avoir pu m'échapper la veille pour me trouver une coiffeuse à quelques pas de chez moi

Malgré toutes mes occupations, ma soeur Louise et moi avons réussi à se connecter en réseau pour quelques parties de scrabble. Mes soeurs nous trouvent pas mal bonnes de se débrouiller à ce point. Le truc: suivre les instructions point par point de Azursoft et le tour est joué.

Je devrais mettre en pratique ce truc. Pour assembler mon nouveau fauteuil, au lieu d'une heure, il nous en a fallu le double. Raison: on pensait que c'était pas compliqué à faire sans lire les instructions et il nous a fallu tout démonter et recommencer à nouveau. J'ai au moins un beau fauteuil pour me détendre un peu devant la télé car mon nouveau divan est arrivé vendredi et après l'avoir déballé dans l'entrée de la maison, les hommes ont eu toute la misère du monde à le faire passer dans la porte. Plus je le regardais, plus je me disais que ce n'était pas celui que j'avais choisi. Lors de l'achat, j'avais dans mon sac à mains ma caméra numérique et même qu'on a pas le droit, j'avais pris une photo. J'ai donc ouvert mon ordi pour montrer la photo aux livreurs et ils ont pu constater qu'il y avait eu erreur. Ils sont donc repartis avec et reviendront mardi pour livrer celui choisi..

Je retourne donc aujourd'hui à mon ancien appartement pour le dernier finishing touch et aussi remettre les clés à la nouvelle propriétaire. Et la vie continue!

Le 8 avril 2002

Croyez-le ou non, mardi dernier à dix heures le matin, j'étais déjà sur la rue commerciale direction ouest, pour faire quelques courses à la banque. Le lendemain, direction est, pour faire du lèche-vitrine avant de m'asseoir avec un bon café et le journal du matin. Je me sens libre comme l'air et j'aime bien me promener là où le vent me pousse.

Grosse semaine mouvementée. Ma soeur Germaine, qui a perdu son mari en janvier dernier, est présentement à l'hôpital pour un infarctus. Elle vient tout juste de laisser le département des soins intensifs pour celui en cardiologie avec un peu moins de surveillance. Un pur hasard, une cousine germaine (c'est drôle - germaine deux fois) qui ne se sont pas vues depuis des années, se trouve sur le même étage. Je les imagine en grande conversation toutes les deux. C'est à souhaiter qu'elles n'auront pas le temps de passer la famille en revue et qu'elles se rétabliront bientôt.

Je m'dis toujours que ça ne m'arrivera pas car il me semble que je n'ai pas le même tempérament que quelques-unes de mes soeurs. Je réalise tout de même que je dois être prudente même que je suis "feng shui" sur les bords.

Henri, le mari de ma soeur Thérèse, est décédé mercredi matin. J'étais loin de me douter le 9 mars dernier quand je lui ai rendu visite avec mon fils Dominique à la résidence où il demeurait depuis quelques mois, qu'il nous quitterait si vite. C'était un grand malade. Beaux témoignages de ses enfants lors de la liturgie de la parole au salon funéraire. Tout ce que je peux ajouter c'est qu'il a fini de souffrir et mérite bien une belle place en Haut. Ce n'était pas un joueur de golf mais un bon joueur de scrabble difficile à battre et pas toujours bon perdant. Pierre n'aura pas le temps de s'ennuyer avec deux beaux-frères venus le rejoindre à quelques mois d'intervalle.

Je me cherche toujours un peu dans ma nouvelle demeure. Quand je suis à mon ordinateur, je sors toujours vite vers la droite pour aller à la cuisine. Alors que maintenant c'est vers la gauche. Par contre, pas trop de bleus.C'est bien drôle mais je cherche mes clefs, mon sac à mains que je place à des endroits différents mais ça s'en vient bien. Encore une semaine ou deux, tout sera rentré dans l'ordre. Et Rachel et Manon, presqu' indispensables, qui éliminent les choses inutiles pour me donner plus de rangement.

J'ai parlé au concierge la semaine dernière et il m'a demandé tout bonnement: "Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Madame". Je lui ai répondu: "Rien. Tout est beau. Je suis assez bien, merci!". Il s'attendait sûrement à ce que je lui demande quelque chose. J'ai peut-être pas de mari mais un fils et des gendres qui font les petits travaux un peu trop compliqués pour moi.

C'est dimanche le l4 avril prochain qu'aura lieu notre rencontre à la cabane à sucre pour les recherches sur la tyrosinémie. Si vous avez le goût de vous sucrer le bec et que vous ne l'avez pas fait encore, ne vous gênez surtout pas. Plus on est de monde, plus on s'amuse.

N'oublions surtout pas le dicton de nos grands-mères: "En avril, ne te découvre pas d'un fil".

15 avril 2002

En caravane, allons à la cabane, oh et oh, on n'est jamais de trop pour goûter au sirop, pour goûter au sirop d'éra-a-ble (quelques paroles d'une vieille chanson ). Je peux dire franchement que la journée à la cabane organisée par les pompiers de St-Jérôme pour la recherche sur la tyrosinémie devient une tradition. D'année en année, ça vient d'un peu partout, du Lac St-Jean, de la Malbaie etc... Encore une fois, chapeau Stéphane (le frère de Sonia) en tête avec tous les bénévoles. Souhaitons qu'avec le fruit de toutes ces recherches, on pourra vaincre cette maladie. Avec des parents tels que Dominique et Sonia et un régime de l'hôpital Ste-Justine suivi à la lettre, Arnaud (sept ans dans quelques jours) va très bien et est un bon écolier en première année.

Pour vous donner une idée à quel point on s'est régalé hier, la belle Florence devant la cabane qui venait de manger de la tire sur la neige et s'apprêtait à y retourner.

Faut que je vous en raconte une drôle pour vous faire rire un peu. Le matin vers dix heures, je sors de mon appartement avec mon petit sac pour aller porter ma récupération de la veille. En faisant le tri dans la petite pièce réservée à cet effet, je réalise que j'ai laissé une bouteille de bière vide dans le carton. Je la reprends et en retournant à mon appartement, je croise deux résidants et le concierge. 0n parle un peu de tout et de rien, de la température, du soleil qui se laisse désirer etc... C'est alors que je réalise qu'à cette heure matinale, je me promène avec une bouteille de bière vide en dessous du bras. J'avais l'air de quoi!!!! J'ai essayé en vain d'expliquer que c'était ma fille qui avait pris une bière la veille pour se détendre un peu après avoir fait le montage d'un petit meuble. J'étais un peu mal à l'aise, surtout que je n'aime pas la bière. Espérons qu'ils ont compris.

J'ai déjà commencé à m'asseoir une petite heure sur mon balcon avec un bon livre tout en écoutant le chant des oiseaux. Je suis réellement "aux oiseaux".

Je ne peux résister à l'envie de vous montrer une photo d'une belle petite famille à la cabane à sucre! Marie et Jean-Luc avec le beau Hubert, heureux comme un roi sur sa nouvelle trottinette reçue le matin même.

Le 22 avril 2002

Croyez-le ou non, je n'ai pas encore mis le pied dans mon église depuis que je suis arrivée dans mon nouvel appartement. J'avais pourtant hâte de renouer avec mes anciennes habitudes mais voilà que j'ai pris goût de me rendre à la salle communautaire le samedi pour la messe de dix heures. C'est bien pratique car si j'attends pour aller à la messe de onze heures le dimanche, je risque de ne pouvoir y aller à cause d'une visite surprise. J'ai tout de même hâte d'aller me recueillir sur un banc dans un coin de l'église, dans un silence complet, sans être dérangée par quoi que ce soit et de voir défiler un peu de ce qui s'est passé les jours ou les semaines précédentes. Ça me manque réellement.

Presqu'un mois que je suis dans mon nouveau logis et je trouve que ça commence à me ressembler un peu. Sonia et Dom sont venus faire un tour hier et ont accroché aux murs les principaux cadres que je tenais à garder, mon horloge etc. 0n a trouvé pour mon babillard un petit coin retiré afin que mes visiteurs puissent quand même jeter un coup d'oeil sur les photos de ma belle famille. Ça, j'y tenais mordicus. Denise a dû s'occuper des enfants et ce n'est pas facile car ça bouge pas mal à cet âge-là,

J'ai pas encore tout à fait apprivoisé mon nouvel environnement et les quelques bleus sur les bras et jambes en témoignent. La raison: mouvements trop brusques dans les mauvaises directions.

Quelques heures dans la journée de mercredi m'ont occupée pour gâter mon petit-fils Hubert qui ne pouvait se rendre à la garderie à cause d'une grosse toux. Après beaucoup d'hésitation, sur les conseils de son homéopathe, Marie a accepté de le soulager avec une petite pompe. Il doit sûrement retenir des Dufour car quelques-uns des ancêtres souffraient d'asthme tout comme ses deux tantes Manon et Rachel. .

La subite hausse de température nous a tous pris par surprise mardi dernier. Journée idéale pour profiter du soleil sur mon balcon avec mes soeurs Thérèse, Louise et Denise. Une petite marche vers l'heure du souper sur la rue commerciale et nous avons trouvé un petit resto qui a fait l'affaire pour des petits appétits.

Le 29 avril 2002

Je viens de terminer "NOBLESSE OBLIGE" de Donna Leone, américaine qui vit à Venise. Auteure de littérature criminelle, c'est la septième enquête du commissaire Brunetti. Elle nous tient en haleine jusqu'au dernier chapître. Le fait que je l'aie lu en trois jours prouve que je l'ai bien aimé. Ça m'a changé un peu du livre "JEU DE FEMME", de Madeleine Chapsal, que je venais tout juste de terminer.

"Elle s'est donnée à moi, et c'est elle qui m'a eu". - Sacha Guitry.

J'ai pu lire au soleil sur mon balcon à quelques reprises cette semaine. J'attendais toujours au lendemain pour prendre une photo avec un peu plus de couleur. Trop tard. Le vert tendre du gazon vient de se recouvrir de neige.

Je vous offre quand même ces deux photos prises de mon balcon (dimanche p.m.).Mais la semaine prochaine, je me rendrai à l'étage supérieur du bâtiment pour partager avec vous la vue de mon nouveau p'tit coin.

Sur la photo ci-contre; devant le camion blanc, se trouve la maison (avec des colonnes blanches) où notre ex-maire Jean Drapeau a passé toute sa jeunesse: un bon p'tit gars de Rosemont, n'est-ce-pas?

En plus de mes enfants qui viennent me voir régulièrement, j'ai toujours d'la belle visite qui vient d'un peu partout. Vendredi soir, c'était au tour de mon unique bru SONIA avec sa mère qui sont venues me rendre une courte visite après leur magasinage. Samedi soir, c'était au tour de Marie (elle vient régulièrement un midi par semaine me faire une surprise avec son lunch) qui voulait montrer à son beau-frère Gaston, de Cabano, à quel point j'étais bien installée. Pour l'intérieur, rien d'extravagant. Mais ce sont surtout les commodités de la maison et tout ce qui m'entoure, comme la rue commerciale, l'église etc. qui font que je ne regrette rien.

Après avoir perdu son mari Gérard en janvier dernier, ma soeur Germaine se retrouvait à l'hôpital il y a un mois. Elle a dû subir quatre pontages et recevoir une nouvelle valve pour son coeur. 0n a beau invoquer tous les saints du ciel pour que tout se passe bien, on ne sait jamais avec ce type d'opération. Le Gars d'en-Haut doit sûrement donner un bon coup de main à toute l'équipe de cardiologues et d'infirmiers (et infirmières) car tout s'est très bien passé. Une telle opération demande une convalescence assez longue et il lui faudra accepter de se laisser dorloter par sa famille. Mon mari avait raison de dire que Germaine est une femme d'une générosité rare, en plus d'être la plus belle de la famille. Cette dernière remarque de sa part ne m'a jamais blessée car j'étais parfaitement d'accord avec lui! J'ai toujours su que j'étais sa préférée, après tout, je lui ai donné sept beaux enfants, et de cette lignée, dix merveilleux beaux petits-enfants sont nés!!!!

Le 6 mai 2002

Depuis que je fais partie du merveilleux monde des internautes, je réalise que je délaisse un peu mes grandes amies de toujours. Je leur envoie encore un p'tit mot par la poste pour les occasions spéciales mais j'avais l'habitude de leur écrire des grandes lettres pour les mettre au courant de tout ce qui se passait dans ma vie.

Je suis allée prendre un léger dîner dans un beau petit resto sur la rue Masson, tout près de chez moi. Je n'exagère pas en disant qu'il y a près de soixante ans (ça ne me rajeunit pas), il y avait une pâtisserie à cet endroit. Juste à l'entrée, le nom WILLIAM est encore écrit en grosses lettres sur les tuiles du plancher. Tant de souvenirs sont remontés à la surface. Pierrette, une bonne amie, a demeuré avec ses parents dans l'appartement au-dessus de ce magasin. Après quelques années, la famille est retournée vivre à St-Hyacinthe et nous avons continué de nous voir assez régulièrement pour ensuite s'écrire et se raconter nos amours. Par la suite, nos vies de famille ont occupé notre temps mais nous avons quand même échangé des cartes régulièrement.

Je viens de lui écrire une grande lettre pour l'inviter à venir prendre un bon petit dîner dans ce qui était autrefois sa pâtisserie préférée. J'ai bien hâte d'avoir sa visite car je suis certaine qu'elle va apprécier autant que moi cet échange de souvenirs. Comme ça risque de durer plusieurs heures, je l'inviterai par la suite dans mon appartement qui fut autrefois notre ancienne école.

Mardi dernier, souper BBQ dans notre salle communautaire pour souligner les anniversaires de naissance du mois d'avril de six résidantes de la maison. Une cinquantaine de personnes se sont réunies pour participer à cette fête bien réussie. Je suis certaine que tout ce monde apprécie le travail de notre comité.

Le mois de mai est le mois des bazars. Y en a une couple en particulier où j'aime vraiment aller fouiner. Comme je viens de me défaire de beaucoup de choses lors de mon déménagement, j'hésite un peu avant d'entrer mais c'est plus fort que moi. J'achète pas grand chose mais seulements des babioles (ex: un beau petit porte-clef teletubbies pour Hubert) ou encore des petits gadgets que je donne aux enfants.

Celui de l'Association des Parents de Jumeaux et Triplés de Montréal est un des mieux organisés que je connaisse. Toutes les tables sont occupées par les parents (membres de l'Association) qui vendent des vêtements et surtout des gros articles tels que pousse-pousse doubles ou encore triples, chaises hautes, sièges d'autos, bicyclettes etc. Lors de l'ouverture le matin, la première heure est réservée aux parents avec leur carte de membres pour faire leur choix avant le grand public. Un beau BRAVO à Lucie Baribeau et toute son équipe. Quel dévouement. Mes deux grandes jumelles qui font partie de cette équipe depuis plusieurs années prennent ça à coeur et sont toujours aussi enthousiastes quand arrive le bazar d'automne. En ce qui me concerne, je laisse ma place à des plus jeunes pour s'occuper du café et des grignotines. Quand je pense que cette association fondée par mon mari et moi-même en avril 1961 continue à rendre service aux parents, j'en suis bien fière. La seule condition pour en devenir membre est d'être parents de jumeaux, triplés ou encore quadruplés. OUI, OUI, vous avez bien lu!!!!

Le 13 mai 2002

Je vous suggère de lire le texte suivant qui est toujours d'actualité "Et Dieu créa la mère". J'ai toujours dit que pour moi la fête des mères devrait être célébrée tous les jours de l'année. J'ai bien apprécié quand même la visite surprise de ma grande Caroline avec des fleurs à dix heures du matin. La veille, Marie est venue avec ses deux hommes (Jean-Luc et Hubert) pour partager une bonne minestrone pour le dîner. Le soir, c'était au tour de Manon et Rachel qui m'invitaient au resto.

J'ai dû demander à Martine de retarder son invitation de quelques semaines et Claudine vient me voir en fin de semaine. ALOUETTE ah!!!

Il ne faudrait surtout pas que j'oublie la journée de dimanche. Chez Dominique et Sonia, tout le monde était invité mais comme les enfants comprennent qu'avec l'âge, trop d'action m'étourdit, huit personnes autour de la table suffisaient à souligner cette fête.

Tout ce beau monde nous attendait avec impatience.

Ma bru Sonia est bourrée de talents. Elle a même réussi à trouver le temps pour confectionner et m'offrir en cadeau cette création qui est déjà suspendue à ma porte d'entrée.

Jeudi soir dernier, dans notre salle communautaire, une autre belle fête encore pour les mères. Nous étions autour de soixante personnes. Bon buffet froid, un animateur avec sa musique et ses chansons. Et le responsable de notre maison (beaucoup plus jeune que la majorité) a semblé s'amuser autant que nous à faire danser toutes ces belles dames. Mais le lendemain matin, quand je l'ai croisé dans l'entrée, il était déjà au boulot mais chantait un peu moins fort. Que c'est beau la jeunesse!!!!

Le 20 mai 2002

Ça fait déjà trois semaines que je vous promets une photo prise de l'étage supérieur de l'immeuble où je demeure avec la vue sur le Mont-Royal mais pas moyen de trouver la journée idéale. Mais jeudi dernier, j'en ai pris une p'tite vite des jardins. C'était vers l'heure du midi et une heure plus tard, le ciel devenait gris. Il ne faut tout de même pas désespérer mais je suis persuadée que nous allons apprécier le soleil plus que jamais.

Je lis présentement ":La Fille du Cardinal", une grosse brique de 657 pages. Ça ressemble comme deux gouttes d'eau au roman "Les oiseaux se cachent pour mourir" sauf que ça se passe à Montréal. J'en ai lu les deux-tiers et comme je suis tenace, je vais le lire jusqu'à la fin. Pas emballée plus qu'il ne faut.

Belle visite de Claudine en fin de semaine. Comme elle demeure assez loin et ne vient pas souvent chez sa mère, elle s'installe à l'ordinateur et regarde s'il y a des améliorations à apporter à ma page personnelle. Comme c'est pas mal trop compliqué pour moi, elle a installé le Norton AntiVirus 2002. Tous les courriels que j'envoie et ceux que je reçois sont donc analysés avant même d'entrer ou de partir. J'ai déjà eu un virus (prettypark) et ce fut toute une histoire pour m'en défaire.

Toute la fin de semaine, y a eu de l'action sur la rue commerciale à cent pas d'ici: Grosse vente de trottoir. De la musique, des chanteurs, des clowns, la roue de fortune chez le quincaillier RONA etc. Seule ombre au tableau: le froid. J'y suis allée faire une petite tournée mais mes trois filles ont trouvé des belles aubaines.

Tous les samedis matin (beau temps, mauvais temps), j'assiste à la messe célébrée dans notre salle communautaire. Exceptionnellement, samedi dernier, avec Claudine à la maison, j'ai complètement oublié. Je suis allée dimanche à l'église de la paroisse. Lors de mon mariage en 1957, nous avions comme patronne Ste-Philomène et j'essaie autant comme autant de me faire expliquer pourquoi on a changé notre patronne pour le Saint-Esprit dont on célébrait sa fête dimanche. Quand j'étais petite, j'allais prier sur la tombe de cette sainte, toute vêtue de satin taché de sang et parée de bijoux. Depuis une dizaine d'années, la sainte a disparu et la tombe aussi naturellement. Mystère!!! Surtout qu'à quelques milles de Montréal, sur la Rive-Sud, il y a un petit village qui se nomme encore Ste-Philomène.

Tout ça ne m'a pas empêchée de revivre de beaux moments historiques, entre autres mon mariage et les funérailles de ma soeur Rachel décédée en 1942 à l'âge de 27 ans, de mes parents et d'autres êtres chers. C'est dans cette église que je fus baptisée et les enfants sont avertis que je veux avoir mes funérailles dans cette même église mais pas avant vingt ans. La Vie est belle et je veux en profiter encore longtemps.

Le 27 mai 2002

Je commençais à penser que le soleil s'etait noyé mais non, il nous est revenu en beauté. J'en connais deux qui ont pu en profiter: Caroline en Caroline du Nord et Marie avec sa famille, pour aller admirer les fjords du Saguenay. J'aurais bien voulu qu'Hubert me parle des baleines mais malheureusement, les croisières sur le Saguenay ne sont pas encore commencées. J'ai eu la chance il y a quelques années de faire ce petit voyage organisé de deux grosses journées pour voir LA FABULEUSE et revisiter un peu Chicoutimi que je connaissais un peu. Le responsable du voyage avait fait un spécial pour nous promener dans le village de La Baie sans se douter une minute du drame qui surviendrait quelques jours après: l'inondation. L'Anse St-Jean est un des beaux coins d'où nous partions pour visiter les fjords. Partout au Québec, y a des beaux endroits à visiter. Et au Canada, on ne les compte plus.

Petite visite chez le notaire mardi et maintenant tout est signé. Je peux vous dire que je ne suis pas choquée du tout que tout soit bouclé. Il y a un âge pour tout et j'ai passé le temps des plaisirs de proprio. Je peux tout de même dire que je garde un bon souvenir de ces huit années où j'ai habité ce condo. Je suis passée à une autre étape de ma vie et je me sens revivre un peu dans cette maison. J'avais besoin d'un petit changement et voilà, c'est fait.

Mon petit-fils Colin est venu me voir jeudi car il avait un travail de recherche à compléter et remettre pour le lendemain. Je crois qu'il trouve ça pas mal pratique une grand-maman internaute.

Dans la soirée, il s'est amusé à se photographier en direct avec ma caméra numérique et ce fut assez facile d'en trouver une belle parmi toutes celles qu'il a prises. Dix-neuf ans et toutes ses dents!!!

J'avais en même temps la visite de mon ancienne voisine Consuelo qui avait bien hâte de venir voir mon nouvel appartement. Je ne parle pas espagnol et j'ai un peu de difficulté à comprendre le mélange d'espagnol et français. J'ai bien apprécié que Rachel soit à la maison et que Mario (le père de Colin) arrête quelques minutes pour venir voir sa belle-mère et poursuivre la conversation pendant que je m'affairais aux préparatifs du repas. Il ne s'est pas fait trop prier pour accepter mon invitation pour souper avec nous. Je peux vous avouer que je commençais à avoir un léger mal de tête. Ma soeur Denise qui avait passé l'après-midi avec nous a décidé de s'en retourner chez elle car j'ai deviné qu'elle ne pouvait plus suivre la conversation.

Consuelo est née à Bilbao dans le nord de l'Espagne. Elle est arrivée au Canada il y a près de cinquante ans avec son mari et sa fille unique Yolanda. Veuve depuis une quinzaine d"années, elle est entourée d'amies mais malgré plusieurs voyages dans son pays, elle s'ennuie. Avec ses 84 ans bien sonnés, elle est pas mal belle comme vous pouvez le constater et je suis presque jalouse de voir qu'elle porte très rarement des lunettes. Et cherchez les rides! Faudrait que je lui demande sa recette. Pourtant, elle a trimé dur en arrivant au Canada pour vivre aujourd'hui dans le confort.

Le 3 juin 2002

Nous avons un jardinier qui a travaillé une grosse semaine tout autour de nos appartements. Après avoir admiré la façon dont il travaillait, je lui ai avoué que si j'avais à me remarier, je crois bien que mon choix pencherait vers un jardinier. Je n'ai pas le pouce vert et je laisse à Claudine et Martine le soin de m'apporter quelques jardibacs dans les prochains jours. Il me semble que je n'ai pas confiance que ça va pousser. Je préfère laisser ça à des spécialistes. Je n'aurai donc qu'à m'occuper de l'arrosage.

Mon concierge m'a demandé pourquoi je ferais un tel choix. Je trouve que ce dernier travaille bien mais il court tout le temps. C'est vrai qu'il est le plus jeune de toute la maison mais par contre, il affiche toujours un beau sourire du matin au soir.

Lors de la fête des mères, dans la salle communautaire, croyez-le ou non, il a fait danser toutes les femmes et il a eu pas mal de travail car les hommes sont assez rares ici. Il n'a pas hésité une minute à prendre le micro quand nous lui avons demandé de chanter. Je l'ai même croisé tôt le lendematin matin et il était toujours souriant en vaquant à l'entretien de l'immeuble. Je crois ne pas me tromper en disant qu'il semble aimer son travail et avec sa charmante épouse, tous les résidants apprécient leur ouverture d'esprit.

Je suis presque contente que notre billet SUPER 7 acheté en groupe (55 personnes) pour le tirage du 34 millions n'a pas enrichi personne. Même un p'tit million et notre concierge se serait peut-être envolé versle Sud et nous autres, on veut le garder.

Je me suis décidée enfin à aller voir mon spécialiste en cardio-vasculaire. Je ne sais pas si c'est la conversation que Claudine a eue avec lui il y a deux semaines mais il a changé son fusil d'épaule. Supposément que la raison qui l'a obligé à m'envoyer passer une angiographie à Notre-Dame, c'est que le résultat du doppler pour les carotides n'était pas clair et qu'une angiographie à Notre-Dame a révélé que ce n'était pas si mal que ça. Pas parfait mais rien d'urgent. Je suis donc soulagée de ce côté-là. Pour mes jambes, c'est à moi de prendre la décision. Si j'accepte de passer une artérioscopie, je devrai accepter avant que si une dilatation n'est pas suffisante, je devrai donc accepter un pontage. Ce sont des examens qui coûtent trop cher aux contribuables pour que je m'amuse à en passer pour rien. Il m'a donc conseillé de retourner le voir en octobre et de marcher. 0UI docteur, j'ai bien compris!!!

Le 11 juin 2002

Arnaud, Etienne et Florene a bicycletteBelle journée hier pour rendre visite à quelques-uns de mes petits-enfants. Permission accordée à la famille (Dominique, le premier intéressé) pour regarder Jacques Villeneuve à la télévision. Les enfants se sont surtout amusés avec une nouvelle piste de courses installée dans le salon. Même la grand-mère redevenue enfant pour une courte période, était assise par terre avec les enfants pour jouer à son tour.

Chez Dominique et Sonia, le sport et les activités physiques, c'est sacré. Avant le souper, tout le monde dehors, pour une petite heure d'exercice. 0n aurait dit le Tour de la Terrasse Gauthier en vélo. Même Florence qui vient tout juste d'avoir trois ans, faisait partie de la course. Elle ne veut rien savoir d'ajouter les deux petites roues de sécurité en arrière. Les trois font une belle équipe.

Dominique a donné une petite leçon de golf à Etienne. Florence, avec sa belle petite robe rose de Caillou, a balayé un peu la rue avec son balai de Harry Potter pendant qu'Arnaud continuait son tour de velo à grande vitesse.

Je ne veux surtout pas oublier de vous dire qu'aussitôt le souper terminé, c'est Florence qui n'a pas hésité une minute à nous donner un coup de main. Je me demande bien ce qu'elle va faire dans la vie celle-là mais si elle suit les traces de sa mère, elle n'aura jamais le temps de s'ennuyer. Des projets pleins la tête!

Je viens tout juste de terminer la lecture de "Autour de Dédé Fortin " écrit par le journaliste, rédacteur en chef et chroniqueur de l'hebdomadaire VOIR etc. J'ai même relu le dernier chapitre deux fois. Le peintre français Garousse nous fait l'éloge de la tiédeur. Je cite: "Mais la vie, notre vie, la vie biologique n'est pas possible dans le feu ni la glace. Elle se développe dans la tiédeur, le nourrisson boit au sein tiède de sa mère. Les bactéries, les microbes prolifèrent dans l'eau tiède. Faites bouillir cette eau, la vie en disparaîtra. Nous sommes faits pour le milieu. Je me méfie de ce qui est extrême. Une corde de guitare trop tendue se rompra. Trop molle, elle ne fera pas de musique. Nous sommes comme cette corde".

Et Jean Barbe de terminer en disant: "J'ai écrit ce petit livre pour dire cela: nous ne savons pas vivre. Et il est de toute urgence que nous apprenions".

Mardi soir dernier, les membres présents à notre dernière réunion de l'A.P.J.T.M. ont élu un nouveau comité pour une prochaine année. Même présidente (Lucie Baribeau - photo ci-contre) toujours aussi dévouée depuis plusieurs années et entourée d'une équipe formidable.

La soirée s'est terminée par un blablabla toujours apprécié des parents et sans aucun doute, avec un échange de photos des enfants. Plusieurs se reverront au pique-nique organisé en juillet et d'autres, en septembre prochain.

Le 17 juin 2002

Faut que je vous raconte ma journée d'hier. Je me sentais tellement en forme que j'ai décidé à mon tour de faire seule une balade en vélo. Je me suis donc dirigée vers les Cantons de l'Est. Après plusieurs heures, je me suis arrêtée devant une belle résidence au bord du fleuve. C'était tellement beau que j'avais l'impression d'être au bord de la mer. Je suis restée assez longtemps à admirer les jeunes se baigner et s'amuser et j'ai profité du soleil pour me donner un peu de couleur. Tout à coup j'ai réalisé qu'il me fallait revenir pour ne pas que mon monde s'inquiète. Pas moyen de retrouver mon chemin. Une seule solution s'offrait à moi: demander l'aide de la police. J'hésitais un peu car je voyais déjà l'attroupement devant la maison à la vue d'une auto de police mais je n'avais donc pas le choix. C'est alors que je me suis réveillée et bien heureuse d'être dans mon lit.

Vous ne pouvez imaginer les rêves fous que je fais et y en a même que je ne pourrais raconter. Ce dernier était un mélange du tour de l'île en vélo, celui de mes trois petits-enfants de dimanche dernier sur la terrasse Gauthier avec un peu du voyage que Caroline et Michel m'ont raconté mercredi dernier. C'est surtout le matin quand je veux prolonger ma nuit d'une petite heure que je fais ces rêves qui n'ont ni queue ni tête.

Mercredi dernier, j'ai eu d'la belle visite: quatre de mes soeurs. Je vous les présente comme elles apparaissent sur la photo ci-contre (non non non ce n'est pas une publicité du LUNETIER): Germaine que je n'avais pas vue depuis le déçès de son mari en janvier dernier et qui venait de subir une grosse opération. Thérèse qui a perdu son mari en avril dernier, Denise la célibataire de la famille qui aura 80 ans dans quelques mois et Louise, le bébé de la famille (ma mère l'appelait son p'tit jésus). La deuxième à gauche, c'est moi. Nous avons essayé de ne pas trop fatiguer notre convalescente en essayant de parler à tour de rôle (ça, c'est pas toujours facile) mais je peux dire que nous l'avons forcée à faire une petite sieste dans mon lit pour pouvoir ensuite continuer de fouiller dans nos souvenirs et fredonner des anciennes chansons. Nous avons bien ri! Jeanne (l'aînée) et Hélène n'avaient pas pu se joindre à nous mais ce que n'est que partie remise car nous nous promettons bien d'organiser d'autres rencontres le plus souvent possible.

"Rien ne vaut pour une femme la relation qui existe avec sa sœur: elle est de la même génération que vous, contrairement à vos enfants. Du même sexe que vous, contrairement à votre mari. Du même sang que vous, contrairement à vos amis (es). Personne ne peut être aussi proche". - Mary Thomas

Je n'ai presque pas eu connaissance de la mauvaise température de la fin de semaine. C'est assez rare mais les enfants sont venus à tour de rôle sans toutefois se croiser. Claudine a passé quelques heures avec moi samedi. . Hubert et Jean-Luc pour une petite demi-heure le dimanche après-midi et à leur départ, ils ont eu juste le temps de croiser Manon et Rachel dans l'entrée de la maison. Ces deux dernières venaient de partir quand Marie est arrêtée un p'tit quinze minutes. Caroline et Michel étaient bien déçues de manquer Marie d'un petit cinq minutes. Juste pour vous dire que c'est toujours un plaisir pour tous de se rencontrer.

Le 24 juin 2002

Ma grande fille Marie a profité d'une grève à la garderie d'Hubert pour le garder avec elle et pour m'offrir d'aller visiter ma soeur aînée Jeanne que je vois assez rarement. Imaginez deux soeurs qui s'entendent à merveille et qui ont trois heures devant elles pour parler de choses et d'autres. Marie s'est éclipsée une grosse demi-heure avec son fils dans les beaux jardins de l'Île Patton pour nous permettre de jaser sans être dérangées.

J'ai toujours aimé ce coin de Laval mais un peu trop éloigné de mon monde. Même si je passais une semaine avec ma soeur Jeanne (ou avec n'importe laquelle de mes soeurs), il n'y aurait jamais de silence dans nos conversations. Faut surtout pas qu'il y ait des étrangers parmi nous car c'est alors que ça devient étourdissant pour eux. Pas pour nous, on a l'habitude..

Mon beau-frère Marcel a toujours été et est toujours aussi aimé des enfants à tel point qu'Hubert l'appelait grand-papa. Qui peut résister à un grand-papa aussi généreux en bonbons!

Cinquante-sept ans de mariage, ça mérite sûrement une mention d'honneur de nos gouvernements. Quelques légers problèmes de santé mais c'est tout-à-fait normal à cet âge.

Les fêtes de la St-Jean tirent à leur fin. La mauvaise température m'a retenue un peu à la maison devant mon écran de TV en me promenant de Québec à Montréal. Mais ce soir, au Parc Maisonneuve, ce sera la soirée idéale pour assister au spectacle de la fête des Québecois.

L'aumônier de l'Hôpital Maisonneuve Rosemont qui venait tous les samedis pour dire la messe dans notre salle communautaire, est en vacances pour l'été. Je suis pas mal gâtée d'avoir tous ces services dans la maison mais ce changement m'a permis d'aller assister à la messe du dimanche à l'église. Je vais vous avouer ici quelque chose: j'étais en septième année ou huitième année, j'avais alors douze ou treize ans, j'allais à la messe tous les matins et je me demande si je n'étais pas attirée un peu par le beau servant de messe. Je me souviens encore de son nom: Fernand B. . Un souvenir d'adolescente!