Le 23 janvier 2004
J'le sais d'après mon compteur que plusieurs lecteurs et lectrices vont jeter un p'tit coup d'oeil sur ma page personnelle juste pour voir ce qui se passe de nouveau chez La Mère Veilleuse. Je suis gênée un peu d'avouer que c'est la paresse qui m'empêche parfois de reprendre mes bonnes habitudes qui ont un peu changé avec la nouvelle année.
Avec les périodes de froid qui sévissent depuis plusieurs semaines, je me suis lancée un peu dans la lecture. J'ai adoré les cinquante premières pages de l'Histoire de PI mais tout à coup, j'ai débarqué complètement. Ne me demandez surtout pas pourquoi. Je n'étais peut-être pas prête à lire ce genre de livres. Je l'ai donc prêtéà celle qui me l'avait donné en cadeau pour Noël (Claudine) et quand elle en aura terminé la lecture, je vais le recommencer du début. Je comprends qu'il est le #1- présentement mais je dois avouer que c'est peut-être un peu trop difficile à suivre. Je ne suis donc pas obligée de dire que j'adore ce genre de livres. C'est comme Harry Potter, je n'ai pas réussi à lire le premier au complet. Tous les goûts sont dans la nature...
J'adore relire les anciennes biographies dont je n'ai jamais voulu me défaire. Quand le curé de la paroisse a annoncé en chaire que c'était le 67e anniversaire de la mort du Frère André (le 6 janvier 1937), j'ai tout de suite eu le goût de relire sa vie. J'avais eu ce livre en cadeau en 1982 de Marie et Dominique. S'il avait fallu vers les années 1865-1870 qu'Alfred Bessette soit tenu de passer des examens pour prouver qu'il était en bonne santé, il aurait certainement été refusé. Nous n'aurions pas connu cet homme et peut-être pas l'0ratoire St-Joseph du Mont-Royal.
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Mes grands parents Didace et Philomène! |
J'ai aussi relu Les Tisserands du Pouvoir de Claude Fournier. C'est un peu l'histoire de mes grands-parents qui ont dû s'exiler aux États-Unis en 1894 pour gagner leur vie. Ma mère Estelle avait seulement quelques mois et était la cadette d'une famille de quatorze enfants. Après plus de cinq années, pas plus riches au départ qu'à leur arrivée, le retour au pays de leurs ancêtres s'impose. Philomène et Didace reprennent donc le chemin du retour laissant derrière eux cinq enfants dont quatre se sont mariés à des américains (es). Seulement Albertine âgée d'un peu moins de vingt ans, a continué à travailler quelques années pour pouvoir envoyer quelques dollars à sa famille retournée vivre à Honfleur.
J'adore les livres d'histoire. Que ce soit sur Champlain, Louis-Joseph Papineau ou encore des rois de France ou d'Angleterre, c'est presqu'une drogue pour moi. Quand on a parlé le mois dernier de la santé de Jean Paul II, le goût m'a pris de relire La POPESSA (la vie de Pie XII) que j'avais lu il y près de dix ans. Je ne vois pas passer l'heure. Ce n'est pas le choix qui manque car Marie qui travaille pour des maisons d'édition m'en apporte des nouveaux régulièrement.
Soupers dans notre belle salle communautaire pour les fêtes, soirées pour souligner les anniversaires du mois, élection d'un nouveau comité etc. et beaucoup d'autres activités auxquelles je ne suis pas encore prête à me joindre. Ça viendra dans le temps comme dans le temps. Je n'ai donc jamais le temps de m'ennuyer.
Je me trouve un peu gâtée avec la coiffeuse qui me rend visite toutes les semaines. Je ne voudrais surtout pas que la paresse prenne le dessus. Même les jours de gros froids, je vais faire quelques courses pas loin et j'en profite pour aller lire le journal avec un bon p'tit café et muffin dans un nouveau Dunkin Donuts - Alimentation Couche-Tard, une bonne idée d"Alain Bouchard.
Toute
ma famille se porte bien mais j'ai bien hâte de pouvoir
vous parler d'une de mes filles qui est présentement
à Paris depuis cinq mois. 0n s'envoie des courriels
presque tous les matins. 0n a même clavardé
une bonne demi-heure. J'ai reçu les plus belles photos
dont celle que je lui avais demandé de prendre de
la maison où Edith Piaf est née (72 rue Belleville,
Paris). C'est Michel qui a réussi à trouver
le coin et il s'est fait un plaisir de me l'envoyer. Y est
pas mal fin d'avoir eu cette pensée pour moi. J'ai
bien apprécié.
Dans une de mes prochaines "DERNIÈRE ÉDITION", je laisserai ma place à ma fille Caroline qui pourra vous raconter un p'tit peu de son séjour là-bas!
Le 1er septembre 2004
Me revoici donc, après un silence de plusieurs mois.
Mais n'allez surtout pas penser que je n'avais plus rien à vous raconter. En réalité, c'est plutôt le contraire ! J'avais simplement peur de me répéter et d'ennuyer mes lecteurs, surtout ceux qui me lisent depuis les débuts.
D'année en année, quand je me relis, force m'est de constater que ma vie est un éternel recommencement. Cela dit, il s'agit toujours de beaux recommencements. Une vie bien remplie j'ai eue, et ce, depuis le jour de mon mariage.
Et peut-être mon silence est-il dû un peu aussi à la paresse. Vous me pardonnerez. J'ai bouquiné davantage et délaissé un peu mon site, je l'avoue.
Alors si la paresse a eu un peu le dessus, une chose est certaine, ce n'est pas le cas de ma progéniture. Leur vie est mouvementée, c'est bien le moins qu'on puisse dire.

Je commencerai donc par mon aînée, Caroline, qui a passé cinq mois à Paris tout en poursuivant ses contrats de traduction par Internet. Je lui avais demandé de me remplacer à son retour pour raconter son voyage, ce qu'elle n'a pas fait encore. Quand elle trouvera le temps, je vais insister pour qu'elle nous raconte au moins le principal avec ses plus belles photos à l'appui. Son conjoint Michel y travaillait comme ingénieur de son et dans leurs moments libres, ils ont redécouvert la France. Presque tous les jours, je recevais des nouvelles d'eux.
L'hiver dernier, Manon et Rachel ont passé deux semaines en République Dominicaine. Dominique et Sonia ont fait une belle croisière dans les Antilles. Marie est allée passer du temps avec son beau Hubert dans un camp familial dans les Cantons de l'Est, et j'en passe.
Et l'été, toute cette activité s'est poursuivie de plus belle. La Gaspésie pour Claudine et Jean-Pierre. Les Carolines pour Caroline et Michel. Dominique et sa famille à Daytona et une pleine journée à Disney World. L'ouragan Charley ne les a pas trop dérangés même s'ils ont dû devancer leur retour d'une journée ou deux.
Je m'ennuie un peu de ces voyages que je faisais avec Pierre
dans nos provinces de l'Atlantique & mais à chacun
son tour, et chaque chose en son temps.
Belle journée du 29 août au Manoir Rouville-Campbell pour le 90ième anniversaire de naissance de ma belle-soeur Florence, la soeur de Pierre. Belle occasion de revoir la parenté, même les cousins et cousines venus de Québec. On la voit içi avec Manon, une de ses filleules.
Il faut tout de même que je vous parle un peu de moi. Déjà deux ans et demi que je demeure dans la Maison Alléluia, et croyez-moi, je n'ai jamais, pas même l'espace d'une seconde, regretté cette décision. Je ne trouve jamais le temps de m'ennuyer. Et malgré la circulation dans mes jambes qui laisse un peu à désirer, je suis en bonne forme, morale et physique.
Je commence seulement à réaliser que j'aurai bientôt 75 ans ! Mais je me dis que l'important dans tout ça, c'est que j'ai le cSur jeune. Et je me reconnais un peu dans la méditation souriante qui suit, tirée de l'édition du 27 mai du Journal de Montréal. Je vous laisse donc sur cet écrit, et je vous reviens bientôt.
J'ai cueilli mes 81 ans dernièrement et j'y pense souvent. Aussi, le coin de la rue est deux fois plus loin qu'avant.
J'ai dû cesser de courir après le bus, il démarre plus vite qu'avant.
Je crois qu'on fait les marches d'escaliers beaucoup plus hautes qu'avant.
Avez-vous remarqué les petits caractères que les journaux se sont mis à employer?
Cela ne sert plus à rien de demander aux gens de parler clairement, tout le monde parle si bas qu'on ne comprend quasiment rien.
0n vous fait des vêtements si étroits, surtout à la taille et aux hanches, que c'est désagréable!
Les gens de mon âge sont bien plus vieux que moi!
L'autre jour, je suis tombée sur une vieille connaissance. Elle avait tellement vieilli qu'elle ne me reconnaissait pas.
Je réfléchissais à tout cela en faisant ma toilette ce matin. Ils ne font plus d'aussi beaux miroirs qu'il y a soixante ans.
Le 3 novembre 2004
Je me doutais que les enfants m'organiseraient une petite fête pour mon 75e anniversaire mais je n'avais aucune idée de la date. Pas moyen de m'infiltrer dans leurs conversations pour essayer de leur tirer les vers du nez. «Motus et bouche cousue» était sûrement leur mot d'ordre. Prétextant qu'il devait se rendre à Québec pour une conférence sur la tyrosinémie quelques jours après ma fête, Dom m'a donc invitée pour une petit souper à la bonne franquette dans un restaurant avec les enfants mais quelques jours avant.
J'ai donc commencé à me poser des questions et j'en ai déduit que tout était organisé et que la fête serait chez lui, comme à mon 70e. Je voyais déjà tout le monde me regarder arriver par la fenêtre du salon et je m'étais dit que je ferais semblant de ne pas m'en être douté. SURPRISE! Le calme total. J'ai alors commencé à relaxer.
Nous partons donc pour le resto où la réservation était faite pour cinq heures trente. Il ne fallait pas arriver en retard car Sonia et Dom me disent que les enfants mangent gratuitement avant cette heure, il faut seulement leur faire étamper un numéro sur la main et le tour est joué. « En Floride, tu sais maman que les early birds ont une réduction sur la facture quand ils arrivent avant cinq heures et trente" » se plaît à me répéter Dom et je le crois dur comme du fer. Alors, je lui dis de me laisser à la porte du resto avec les enfants pour ne pas arriver en retard, pendant qu'il va stationner son auto. Comme grand-mère pratique, je pense à faire diminuer le total de la facture.
SURPRISE! Mes enfants, mes soeurs et quelques amis (es) m'attendaient pour célébrer. J'ai bien apprécié cette soirée et j'imagine un peu dans cinq ans, pour mon anniversaire, je ne penserai même pas à me faire un scénario. Je me ferai prendre par surprise une autre fois.
Quelques photos-souvenirs

Avec mes 6 soeurs lors de la célébration
de mon 75e anniversaire de naissance.

Je trouve que cette image représente bien les caractéristiques de notre famille; quelquefois, au fil des vents et tempêtes, certains pots se renversent à travers le lot mais les autres continuent de se dresser fièrement, solidaires. Tu remarqueras que malgré tout les fleurs sont toutes belles et en santé ...grâce à toi, la jardinière! J'espère que ce cadre agrémentera ton décor et t'apportera aussi la conviction permanente de notre amour.
Ta fille Martine
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15 novembre 2004
J'essaie de trouver une raison pour justifier mon absence sur le WEB. C'est sûrement un peu la paresse mais il me semble que je vous ai tout raconté de Ma p'tite Vie. Je peux toujours vous dire que je n'ai jamais le temps de m'ennuyer et que les journées filent à une vitesse incroyable. Si je suis occupée à ce point, je devrais avoir quelque chose à dire.
J'ai commencé la lecture de l'Actrice de Louise Portal et après cent pages, j'ai abandonné. Ce n'est pas le genre d'histoires qui me passionnent. Je préfère les biographies des personnages célèbres mais surtout des femmes qui ont vécu dans l'ombre de leurs maris. Je viens tout juste de terminer Lady Cartier de Micheline Lachance. C'est l'histoire de l'épouse de Georges-Etienne Cartier décédé en mai 1873. J'aime bien connaître les états d'âme des épouses de ces politiciens. Hortense est décédée en 1898 et malgré tout, je crois qu'elle n'a jamais cessé d'aimer son mari. Vers la fin, j'ai même senti une larme couler sur ma joue. Julie Papineau est également un beau roman à conseiller, du même auteur, mais l'histoire se situe une vingtaine d'années plus tôt, du temps des Patriotes. J'ai adoré ces deux romans.
C'est dans ma nature, je n'ai pas de mérite pour ça mais je fais du bénévolat quand le temps me le permet. Je suis vendeuse dans un bazar pour la paroisse afin de ramasser des sous pour l'entretien de l'église, même que je doute qu'avec treize mille dollars amassés dernièrement, deux fois par année, on réussisse à boucher des trous. Notre église art-déco fait partie du patrimoine de la Ville de Montréal
En 1904, lors de la fondation de la paroisse, les Usines Angus ouvraient leurs portes avec 3000 employés; durant les deux guerres mondiales, ce nombre atteignait l2,000 employés. Ces usines ont été à la source de la création de Rosemont. Notre célèbre hockeyeur Maurice Richard a eu son premier emploi. Ça nous prenait une grande église avec des jubés pour contenir tous ces paroissiens. Depuis 1992, tout est fermé. Notre église est devenue trop grande mais les dépenses d'entretien demeurent les mêmes. Le 20 novembre de cette année, les fêtes du centenaire débutent et dureront toute l'année. Je trouverai sûrement le moyen de me rendre utile.
Depuis trois mois, je n'ai presque plus le temps de penser à mes problèmes. J'accompagne une gentille dame (88 ans) de la résidence dans ses déplacements à l'hôpital. Elle a fait un ACV. J'ai fait quelques voyages en ambulance avec elle. Je n'ose énumérer ici toutes les visites qu'elle doit rendre aux médecins. Neurologue, rhumatologue, ophtalmologiste, optométriste, audioprothésiste, généraliste, sans parler des prises de sang, dopplers et vaccins contre la grippe et ça n'en finit plus. Je réalise tout à coup que je dois penser un peu plus à moi car je n'ai plus vingt ans. Je ne la laisse pas tomber pour autant mais j'essaie de l'aider en la mettant en communication avec des bénévoles qui accueillent et dirigent les personnes à l'entrée des hôpitaux. 0n verra bien ce que ça va donner. Mais chose certaine, je ne la laisserai pas tomber. Elle est mon rayon de soleil.
L'hiver est maintenant à nos portes. Je me compte chanceuse de pouvoir profiter de tous les services à proximité de chez moi.
Je le répète et je ne m'en plaindrai pas pour autant. Me croyez-vous, je n'ai jamais le temps de m'ennuyer. J'apprécie ne pas souffrir de solitude.